La coupure du cordon ombilical

 

Vue de la surface de Mars   

 

Question : Ne pourrions-nous déjà leur aménager des espaces indépendants sur notre planète, là où c’est encore possible, en Afrique, en Asie, en Amérique ?

 

Réponse: Nous devrions commencer par là en effet, en prenant soin de les protéger contre toutes les intrusions qui leur seraient néfastes (industrie, tourisme, circulation aérienne et automobile, etc. ). Mais de seuls espaces terrestres n’assureraient pas la survie de l’intelligence cosmique si notre planète venait à disparaître.

Nos futurs descendants disparaîtraient en effet avec nous en cas de malheur.

Seule l’existence d’au moins deux sources indépendantes de vie donnerait à l’intelligence une chance d’être épargnée si notre planète venait à être détruite. Comme il n’y a pas de place pour deux espèces intelligentes dans un même espace, il en résulte tout logiquement que nous devrions quitter un jour la Terre si nous voulions jusqu’au bout « hominiser » des singes terriens sur notre planète. Les primates devraient se sentir dominants pour évoluer.

 

Q : Les autres planètes de notre Système ne sont-elles pas toutes inhabitables ?

 

R : Elles le sont en effet, mais certaines d’entre elles pourraient peut-être devenir habitables par terraforming. Des études existent déjà à ce sujet et des projets sérieux pourraient être rapidement lancés. Cette mise en forme d’une planète d’accueil (Mars ?) serait sans doute longue et difficile, mais notre projet cosmique s’étalerait de toute façon sur des milliers d’années .

 

Q : Faudra-t-il donc attendre aussi longtemps avant de commencer ?

 

R : Non. Pendant ce long terraforming d’une autre planète de type terrestre, notre expérience pourrait commencer sur Terre avec un ou plusieurs groupes réduits de singes cobayes. On veillerait préalablement à redonner aux espaces qui leur seraient réservés leur aspect d’origine.

Il faudrait ensuite agrandir ces espaces au fur et à mesure de l’évolution de nos pensionnaires afin de leur élargir leur horizon. Ceci impliquerait donc une préparation et évacuation par les hommes des espaces à conquérir par nos descendants. Mais ces opérations de réaménagement et de transfert pourraient être programmées sur des décennies, voire des siècles ou des millénaires. Nous aurions donc le temps de les préparer. 

 

Q : Nous faudrait-il vraiment quitter la Terre par la suite?

 

R : Pas nécessairement. Mais nous serions peu à peu poussés dans nos derniers retranchements terrestres. Il nous faudrait progressivement nous réfugier dans des espaces inaccessibles à des primates (zones froides et tempérées, déserts, souterrains aménagés, stations en orbite, etc.) pour leur laisser le champ libre à la découverte.

L’achèvement de notre opération de terraforming réalisée en parallèle nous permettrait de transférer nos primates sélectionnés sur leur planète d’accueil avec toute la faune et la flore nécessaires à leur survie. Notre science et notre technologie nous permettraient alors de réaliser ce peuplement qui devrait s’accompagner d’une évolution sans précédent de notre propre espèce. L’humanité en tant qu’espèce biologique aurait vécu, mais le Cosmos lui serait ouvert.

 

Q : En attendant ce jour, pourquoi vouloir absolument des « crèches cosmiques » avec de vulgaires primates? Si nous venions à disparaître, l’univers ne serait guère plus avancé avec des êtres aussi primitifs!

 

R : C’est faire là peu de cas de l’échelle des temps cosmiques. Pour reprendre l’image classique d’un jour terrestre de 24 heures représentant l’âge actuel de l’univers, notre ancêtre le primate n’est apparu sur Terre que dans les deux dernières minutes. S’il nous survivait, l’univers et la vie intelligente auraient tout de même gagné 1438 minutes. Sur un total de 1440, ce n’est déjà pas si mal!

 

Q : Pourquoi ne pas tenter malgré tout de faire mieux? Des colons traditionnels issus de notre espèce ne feraient-ils pas tout aussi bien l’affaire sur Mars qui serait alors « terraformée » ?

 

R : La raison et le bon sens nous disent que non. Pouvons-nous par exemple imaginer que nos colons américains auraient pu couper tout lien avec la vieille Europe d’où ils étaient à l’origine issus? Ce n’était pas alors une exigence. Mais cela le serait dans le cas de nos crèches si nous voulons vraiment la survie de l’intelligence cosmique. Un strict apartheid devrait être observé si nous voulons réussir notre projet :

Nous devrions absolument "couper leur cordon ombilical >> Suite

 

  Page  -                                                                 Accueil                                                                 

 

 

 

 

                                                              

 

 

 

 

 

L’homme veut-il vraiment survivre ? par Benoît Lebon (Initialement paru à la Société des Ecrivains, Paris 2006 : Une hominisation extraterrestre. Egalement aux Editions Trafford, 2006, Canada. Tous droits reserves)

 

 

 

3. UNE VRAIE DEMONSTRATION D’INTELLIGENCE

 

        

        - Homme marchandise           - Loi d’airain des             -Américain?                   - Un cancer généralisé            - Quelques citations

         & dieu du marché                  privilégiés                       Le Bien/le Mal?               de l’écosystème                       d’économistes

 

 

 

 

Les hommes, et en particulier les hommes politiques, ne sont pas avares de promesses. Notre première règle de survie par la non-violence semble raisonnable et même banale pour ce qui concerne des relations avec des observateurs ET. Presque tout le monde pourrait y adhérer et nous pourrions jurer de l’observer. En fait, nous n’avons reçu aucune plainte extraterrestre quant à notre comportement envers eux, et à notre connaissance, nous n’avons pas de contentieux avec eux. Nous ne pourrions de toute façon nous confronter avec de tels êtres, et une attitude pacifique à leur égard ne serait pas un vrai choix. Face à leur force et à leur intelligence, ce choix serait une question de survie.

Mais si notre non-violence ne s’adresse qu’aux plus forts, pourrions-nous encore la qualifier ainsi ? Est-ce à dire que notre violence ne serait destinée qu’aux plus faibles ? La non-violence ne pourrait être selective, et elle devrait également être la règle dans nos relations avec nos propres semblables. La plupart des problèmes de cette planète sont d’ailleurs dûs à un manque de respect des plus forts envers les plus faibles. L’égoïsme est en fait un manque de respect et une première démonstration de violence de l’homme envers son semblable.

L’égoïsme est en réalité la racine même de toutes les formes de violence.

 

Un test d’intelligence :

Par leur seule performance en voyages interstellaires, des observateurs ET n’auraient pas à nous prouver leur force ou leur intelligence. Mais il n’en serait pas de même pour l’homme.  Un test du genre de celui indiqué dans le dialogue ci-dessous pourrait être exigé de l’homme :

- Le plus fort (ET) au plus faible (l’homme) : Mes bonnes dispositions à votre égard sont déjà démontrées puisque j’aurai pu exterminer votre espèce tout entière s’il en était autrement. Mais en tant que plus faible, que proposez-vous de faire pour me prouver que vous êtes dans les mêmes dispositions envers les miens ?

- (L’homme) : Je jure ma bonne volonté et mon respect envers vous. Je suis prêt à signer tous les traités de paix que vous voudrez et à ouvrir une ambassade royale pour vous accueillir comme vous le méritez.

- (ET) : Cette promesse pourrait être votre meilleure arme du moment puisque vous en préparez déjà de plus puissantes. Elle ne prouve donc rien quant à votre future attitude à mon égard. Je vous propose de prouver votre bonne foi par une démonstration d’équité et de non-violence envers les plus faibles de vos semblables terrestres.

 Exprimé avec des mots, ce test nous donnerait cependant une preuve tangible de l’existence de ces êtres, ce qui représenterait face envers nous une forme de violence qu’ils ne pourraient accepter. Le silence est bien plus éloquent et fair-play. Des observateurs ET pourraient attendre une telle démonstration d’intelligence de la part de l’homme avant d’envisager tout contact. Le maître d’échecs reste silencieux en attendant la réplique de son partenaire, et ce dernier ne peut que répliquer pour rester en compétition !

Cette attitude de non-violence nous parle plus qu’il n’y paraît. Elle nous rappelle que la paix ne peut être obtenue si nous ne tenons pas compte de l’existence des autres, même dans nos intentions. Des éventuels observateurs ET entrent très naturellement dans la catégorie “des autres”. Sachant que leur existence est très probable, une place potentielle devrait déjà leur être reservée dans beaucoup de nos projets.

(

 La non-violence est déjà inscrite dans l’intention. Il existait dans de nombreux pays une vieille coutume qui voulait qu’on ajoute un couvert de plus en dressant la table, en vue d’accueillir un hôte eventuel de passage. Sa place était déjà réservée d’avance. Un message de non-violence et de générosité était ainsi adressé à tout visiteur éventuel.)

 

HOMME MARCHANDISE ET DIEU DU MARCHE

 

L’homme marchandise : Au niveau individuel, le monde extraterrestre peut être assimilé à un monde situé hors de chacun de nous, une sorte de “monde extra ego”. Si beaucoup d’entre nous doutent de l’existence de mondes ET, certains doutent aussi de l’existence même du monde dans lequel ils vivent, et pensent par exemple que les voisins, les fleuves, les arbres, les bêtes… ne sont que de purs objets de leur imagination. Si ces gens peuvent être sympathiques de loin, ils le deviennent moins lorsqu’ils se comportent comme si c’ était vrai, notamment  en ce qui concerne l’existence des autres. Dans la vie quotidienne, nous nous comportons souvent comme si les autres n’existaient pas. Beaucoup d’entre nous agissent égoïstement, ne tenant pas compte de l’existence des autres dans leurs projets, comme si nous étions seuls au monde.

Dans cette société de marché et de consommation, il reste peu de place pour la communication. En dépit de tous les moyens modernes d’échanges (Internet, portables…), l’homme reste incroyablement seul. La vie quotidienne tend à nous isoler les uns des autres, l’être humain devenant un simple objet de consommation qui doit trouver sa place dans un marché. Réduits à l’état de marchandises, les hommes peuvent ainsi être retirés du marché sans autre cérémonie. La vie de chacun devient un projet individuel qui ne tient pas compte des autres projets.

En raison de la globalisation et de la compétition (Mondialisation Sauvage), les emplois et les hommes sont supprimés ou déplacés à des milliers de kilomètres comme s’il s’agissait de simples marchandises.

- Mais les hommes ne sont pas supprimés, dira-t-on, ils sont seulement appelés à rechercher un nouvel emploi ailleurs. Malheureusement, beaucoup d’entre eux refusent !

Au nom de quoi l’économie pourrait-elle dicter de telles lois de la jungle à la vie terrestre et universelle ? Elle ne représente qu’un outil au service de la vie, et pas le contraire ! L’économie de marché pourrait-elle encore se justifier après de tels abus ?  En attendant, le pillage planétaire se poursuit !

Le monde extraterrestre fait partie du “monde extra ego” pour beaucoup d’entre nous.

 

L’égoïsme individuel est présenté comme un banal manque d’attention. Selon le dicton populaire, chacun n’aurait qu’à se comporter honnêtement pour que la vie devienne harmonieuse pour tout le monde (une lapalissade!). On ajoute généralement qu’il serait de toute façon impossible de mettre un gendarme dans la conscience de chacun, et que dans un monde de marché et de compétition, il appartient à chacun de prendre soin de ses intérêts et de faire savoir aux autres qu’il existe.

En faisant en sorte que chacun se sente ainsi coupable quoi qu’il arrive, une minorité de privilégiés impose une organisation sociale sauvage et injuste à la grande majorité de l’espèce. Transformés en une multitude de petits problèmes individuels, le problème social global reste insoluble. Dans un jeu de poker menteur dans lequel les cartes sont toujours distribuées par les plus forts, il est hypocritement demandé aux plus faibles de dire la vérité pour les condamner ainsi à demeurer pour toujours dans le camp des perdants. Engagés malgré eux dans ce jeu, le gentil transporteur routier est ainsi conduit à voter contre toute proposition de transport par rail des marchandises, l’ouvrier pacifiste n’envisage pas la fermeture de l’usine où il fabrique des bombes à fragmentation, et le bourreau lui-même ne veut pas entendre parler d’abolition de la peine de mort…

Ces attitudes sont bien compréhensibles puisque tous ces gens ont été amenés à s’engager dans un jeu animal et sauvage pour survivre. Mais l’homme devrait jouer un autre jeu !

 

Le dieu du marché : Chacun doit bien sûr s’affirmer pour vivre ou seulement survivre. Mais le problème de l’égoïsme général ne peut être résolu s’il reste au niveau de la conscience individuelle. L’homme et l’intelligence se construisent socialement, et une civilisation qui veut survivre doit se constituer une conscience collective. L’égoïsme individuel ne peut conduire qu’à l’autodestruction collective quand il est imposé à toute une espèce en tant que doctrine par des groupes d’intérêts ou des états organisés suivant de véritables modèles de prédation. Dans une chasse aux marchés qui s’étend maintenant à la terre entière, les privilégiés se conduisent comme de voraces prédateurs à la recherche de butins obtenus par des moyens de plus en plus subtils que sont les lois planétaires du marché. 

Ils sont conduits à devenir de plus en plus voraces, et le fanatisme du marché abhorre toute forme de service public ou d’usage de biens qui ne génère aucun profit. Il ne veut que des consommateurs “branchés”, et après s’être approprié l’eau que nous buvons, il fera bientôt main basse sur l’air que nous respirons, et nous pouvons être assurés qu’il inventera un gadget élégant pour equiper nos nez d’un compteur de facturation. Et il en sera de même de toutes nos productions et créations si nous n’arrêtons pas cette prolifération de métastases d’un cancer généralisé qui s’attaque maintenant à toute la vie terrestre. 

La survie de l’humanité est aujourd’hui menacée par les changements climatiques quotidiennement observés et par l’épuisement de la plupart de nos ressources naturelles. Si le concept de développement durable est souvent avancé par les privilégiés et décideurs de la planèe, leurs choix économiques sont loin de prendre une telle orientation. La globalisation sauvage du marché est de plus en plus basée sur un commerce d’import/export irresponsable, la production mondiale obéissant désormais à un seul motto : les produits locaux sont principalement destinés à une consommation lointaine qui demande déjà beaucoup d’énergie et de ressources pour leur transport et leur commercialisation.  Apportant peu de profits à ce commerce international  de prédation, les produits locaux sont ainsi partout dévalués et considérés comme “bons seulement pour des étrangers”. Les produits étrangers sont par contre surévalués et inéquitablement rendus accessibles par le moyen de crédits à la consommation destinés à appâter des consommateurs ou des nations déjà en difficulté. Ce commerce irresponsable se traduit par un trafic  aérien, terrestre et maritime destructeur pour l’environnement et hypocritement ignoré : si le robinet qui goutte et la lumière qui reste inutilement allumée sont justement stigmatisés et qualifiés de “mauvais pour la planète” à la maison, la langue de bois de la classe des privilégiés ne trouve rien à dire pour ces gaspillages gigantesques pratiqués pour le seul profit des fanatiques du marché. 

 

Le bien-être de la planète et de l’homme n’est en vérité “pas bon pour l’économie de marché”, mais cela ne pourrait être avoué par la minorité de privilégiés-décideurs ! Les leçons de l’histoire sont donc ignorées : Les arbres de l’Ile de Pâques devaient être coupés jusqu’au dernier pour transporter les statues d’un fanatisme primitif jusqu’aux lieux de culte. Comme ces primitifs, nous faisons nous aussi des choix menant à l’autodestruction de l’espèce. Pour le profit d’une classe de fanatiques du marché, la terre de notre planète est denudée, chimiquement épuisée, et en grande partie bétonnée, pour vehiculer nos statues modernes (voitures, avions, etc.) en toujours plus grand nombre vers nos lieux modernes de culte que sont les centres de consommation.  Jusqu’où irons-nous ?

 

Chacun est sommé de devenir “manager”, et dans cette société de fanatiques du marché, il ne lui est pas seulement demandé de générer des profits normaux, mais de faire toujours mieux que les meilleurs dans une course prédatrice aux performances. Vue individuellement, cette attitude du “manager” est d’ailleurs tout à fait rationnelle puisque tout autre comportement le condamnerait à disparaître, comme le bourreau avec l’abolition de la peine de mort. Les emplois et les marchés sont à conquérir comme des forteresses en territoire ennemi et la force de travail elle-même, l’homme en definitive, devient un  marché à exploiter comme un autre. Des lois de marché “inéluctables” décident en toute conscience que des hommes (avec femmes et enfants) sont de trop (en surproduction!) et qu’ils doivent donc être déversés comme de vulgaires surplus de pomme de terre ou de tomates dans les fossés ou devant quelque agence pour l’emploi.

C’est le triomphe planétaire de la stupidité, et on n’est jamais délicat sur les moyens pour y parvenir et quant aux conséquences dramatiques qui en resultent. Des moyens de plus en plus subtils de prédation sont mobilisés à cette fin par les privilégiés dans une permanente aggression contre la vie terrestre. Au diable Kyoto et quelques timides propositions de contrôle de l’environnement ! Les forêts, les ressources naturelles, les hommes, les bêtes, les océans, le climat…, tout peut être sacrifié à la gloire du dieu du marché, un dieu de plus en plus vorace.

Comme en agriculture, la vielle pratique de la jachère et de la terre brûlée est également utilisée dans le marché de la main d’oeuvre. Des champs entiers (l’Europe bientôt?) peuvent être abandonnés pendant que d’autres plus profitables sont exploités (l’Asie aujourd’hui, l’Afrique demain ?). Mais dans ce jeu sauvage, le temps de la jachère reviendra pour les gagnants du jour. Ces mouvements sont programmés pour le plus grand profit d’une minorité de privilégiés et le plus grand préjudice pour l’humanité en tant que telle et pour la vie terrestre en général. Des guerres sans pitié sont lancées pour s’approprier les dernières richesses naturelles, comme c’est maintenant le cas au Moyen Orient et dans d’autres parties du monde. Des peuples entiers sont persécutés à la gloire du dieu du marché.

 

 

LA LOI D’AIRAIN DES PRIVILEGIES

 

Afin de maintenir leurs privilèges, les plus forts de l’espèce sont prêts à imposer tous les abus aux plus faibles. Au siècle dernier, l’humanité a été marquée au fer rouge par une première guerre mondiale (1914-918) aux milliers de massacres (Verdun, etc.) et de meurtres organisés (bombardements de civils, fusillades de soldats…). Lancée principalement pour la défense des intérêts de la grande industrie, la guerre devait donner naissance au nazisme et à un anticommunisme sans bornes. La seconde guerre mondiale (1939-45) devait faire encore mieux en matière de massacres (Shoah avec des millions de morts, camps de concentration…) et d’exterminations de populations civiles (Oradour, Dresde…). Elle devait se terminer par des atrocités sans précédents et une utilisation irresponsable de bombes atomiques (Hiroshima, Nagazaki) destinées surtout à terroriser et à humilier un ennemi déjà presque désarmé (le Japon) ainsi que d’autres adversaires potentiels (URSS, Chine…). Cet usage démesuré de la violence devait être à l’origine d’une course aux armements épuisante pour la planète, et la perspective historique nous montre maintenant clairement qu’il n’en est résulté aucun bien de cette folie de destruction des vainqueurs. Les Etats Unis ont ainsi placé pour toujours une épée de Domoclès au-dessus de la tête de l’espèce humaine.

Au Moyen Orient, les holocaustes passés semblent aujourd’hui servir de modèles pour de nouvelles persécutions. Pour faire oublier leurs crimes passés contre les Juifs et l’abominable Shoah et ses millions de victimes, les plus grandes puissances ont fondé un état prédateur (Israël) qui leur sert de gendarme local sur des territoires préalablement conquis. Au nom de prétendus droits préhistoriques et racistes, les Palestiniens sont expropriés et gardés derrière des murs et des barbelés, dispersés dans le monde entier et interdits de retour au foyer natal, confinés sur leur propre terre dans des ghettos et dans des camps de concentration (Gaza, etc.) pour faire place nette à des étrangers venus du monde entier, des étrangers investis pour leur part d’un droit éternel de colonisation d’une terre qui leur est étrangère - un comble de cynisme au nom d’une idéologie ségrégationniste : le sionisme ! Au lieu de tenter d’établir la paix et la justice au sein d’une nation multiethnique intégrant les nouveaux venus eux-mêmes victimes de cette propagande, un état d’apartheid est constitué et une chasse sans merci est lancée contrre les populations d’origine sur cette terre de misères et de souffrances, avec le silence complice des grandes puissances. Si un président des Etats-Unis a pu répéter si fort qu’il était Berlinois sur le mur de Berlin, il n’y a eu aucun responsable pour venir clamer qu’il est Palestinien sur les murs de la honte palestiniens! Et depuis cinquante ans, aucune armée internationale n’a voulu faire respecter les résolutions de l’ONU en ce qui concerne Israel. Le gendarme local de l’impérialisme peut donc faire ce qu’il veut!

Il est maintenant évident que la proclamation de Berlin n’avait rien à voir avec la défense des droits de l’homme et de la liberté, mais qu’il s’agissait de pure propagande anticommuniste.

Après une extermination quasi totale des indiens américains et une longue culture de la ségrégation, le pays le plus puissant de notre époque (les Etats Unis) accentue maintenant son emprise hégémonique sur l’ensemble de la planète. Hier au nom de l’anticommunisme et aujourd’hui au nom de l’antiterrorisme, des peuples et des nations sont quotidiennement agressés et soumis à des lois de la jungle. Des embargos sont décrétés sous les prétextes les plus futiles (Irak, Cuba, Nicaragua…). Ces agressions font des centaines de milliers de victimes (Irak, etc.) et même des millions (Vietnam, Indochine…) à la suite de bombardements sauvages, de déstabilisations politiques et d’épandages de produits toxiques sur les populations et l’environnement. Les bombes laissées par les envahisseurs augmentent encore le nombre de victimes des dizaines d’années après l’agression. La guerre du Vietnam a été l’une des agressions les plus inhumaines et cruelles contre un petit pays sans défense de toute l’histoire. Un comportement sauvage des plus forts (la France, puis les Etats Unis) démontrant clairement que le processus d’hominisation de l’espèce a encore un long chemin à parcourir !

Des guerres sont menées en permanence au nom d’une soit-disante lutte du bien contre le mal (Afghanistan, Irak, Corée…) ou d’une fallacieuse défense de la liberté (Corée, Vietnam, Indochine, Yougoslavie…). Des chasses à l’homme et des meurtres sont organisés un peu partout (Irak, Lybie, Israel, Somalie, Soudan, Sabra et Chatila…). Les droits de l’homme sont deniés aux prisonniers et des tortures sont quotidiennement infligées (Irak, Guantanamo…) par des mercenaires qui s’adjugent le droit d’ignorer les lois internationales, des lois déjà fort obligeantes à leur égard.

Au nom de la paix, un chantage nucléaire est en permanence exercé (hier contre l’URSS, la Chine, l’Irak, aujourd’hui contre la Corée du Nord, l’Iran) par la seule nation à avoir utilisé des bombes atomiques à des fins pour le moins ambigues, et qui poursuit le développement de telles armes. Après avoir épuisé ses adversaires dans une course aux armements destructrice, le pays qui détient les armes de destruction les plus massives veut accroître encore son pouvoir de chantage en se réservant l’exclusivité de telles armes. Des armes spatiales sont maintenant testées et programmées. 

Au nom du libre échange et du commerce, des médicaments et des soins sont refusés à des peuples condamnés à mort par la maladie et la faim. Des nations déjà en difficulté sont encore appauvries par des marchés de dupes, ou contraintes à une production et une consommation au seul profit de l’impérialisme du marché.

 

Americain ?  La lutte du Bien contre le Mal ?

 

Le choix des mots n’est jamais neutre ! ( “La vérité est finalement la chose la plus gentille que l’on peut offrir”, Harriet Beecher Stowe, écrivain et abolitionniste américaine, 1811-1896).

La société américaine montre à l’humanité comment la notion même de démocratie peut être vidée de toute substance pour transformer une nation d’hommes généreux pour la plupart en une horde de prédateurs planétaires. Comme souvent dans le cas, cette attitude impérialiste est déjà annoncée dans les mots utilisés. Un citoyen des Etats-Unis considère ainsi comme normal de se présenter d’abord en tant qu’américain. Mais il n’existe aucun pays nommé Amérique puisqu’il s’agit d’un continent, tous les habitants de ce continent étant Américains (les Mexicains, Brésiliens, Canadiens, Cubains…). Cette appropriation du qualificatif par une seule communauté est déjà l’expression d’une volonté de domination.

Pour rester cohérents, la nationalité et le passeport des Etats-Unis devraient être accordés à tous les habitants du continent, avec tous les droits qui leur sont attachés. Le mur mexicain, un autre mur de la honte où plus de 1000 personnes sont tuées chaque année (plus de trois fois plus que sur le mur de Berlin en 28 ans !) devrait donc être rasé. Mais une solution plus simple serait sans doute l’adoption d’un autre nom pour designer les habitants des Etats-Unis, et ce choix leur appartiendrait bien évidemment. 

C’est là un exemple de l’attitude impérialiste des grandes puissances envers les nations les plus faibles de cette planète, un tout petit morceau d’un veritable iceberg himalayen d’intimidations et de chantages. L’absence de débat international sur de tels sujets est d’ailleurs à la mesure de cette pression impérialiste sur le monde. Ces sujets sont devenus tabous. Le lavage de cerveaux a atteint une telle ampleur que beaucoup de gens qui le subissent ne se posent même pas de questions, comme pour les esclaves du temps de l’esclavage. Ils l’acceptent comme un ordre normal des choses. Ceux qui se posent encore des questions seront-ils bientôt internés dans des asiles, comme dans l’ex URSS ? Si l’humanité ne peut s’accorder sur d’aussi banales notions d’équité, son sort est alors vraiment désespéré !

 

Une lutte du Bien contre le Mal ? Aucun bien n’a jamais été semé ni récolté par les grandes puissances qui se comportent sur cette  planète comme des états voyous. Après la France, le Royaume Uni, l’Allemagne et d’autres, les Etats Unis sont maintenant devenus les leaders de cet empire prédateur. Mais ils ont de fidèles partenaires (Royaume Uni, France….) et de nouveaux candidats sont prêts à les rejoindre (Russie, Pologne…). Les nations les plus faibles sont naturellement incitées à les imiter dans tous les domaines (violence et agressivité, pollution, lavage de cerveaux, culture de l’obscurantisme, égoïsme et exploitation des plus faibles…).

Les maîtres de ce monde parlent maintenant d’une lutte du Bien contre le Mal sur cette planète. Ils pourraient bien avoir raison, mais il faudrait sans doute redéfinir ces notions. Le Bien ne serait-il plus tout ce qui préserve et protège la vie, et le Mal tout ce qui la menace et la détruit ?

Avec ce modèle de société, le Mal gagne peu à peu contre la vie sur cette planète, au profit d’une classe de privilégiés dans un monde qui devient de plus en plus prédateur. Le terrorisme, c’est déjà cette violence et ce pillage exercés par les plus forts contre les plus faibles. Si un vrai compte des victimes de ce fléau pouvait être fait, il se chiffrerait sans doute à des millions par an.

 

UN CANCER GENERALISE DE L’ECOSYSTEME

 

Avec cette Mondialisation Sauvage de l’économie menée par les privilégiés, toutes les formes terrestres de vie doivent obéir à des normes fixées par le dieu du marché pour continuer d’exister. Un dieu dont la voracité ne cesse de croître, face à une vie terrestre qui ne cesse de décliner. Une propagande infernale de lavage de cerveaux a été lancée mondialement pour servir ce dieu prédateur. Des moyens considérables (publicité, cinéma, audio et TV, presse, édition, services publics, éducation…) sont mobilisés journellement en vue de satisfaire une soif inextinguible de consommation d’une minorité de la population mondiale. Les privilégiés ne sont jamais rassasiés et prétendent hypocritement que tout le monde peut les rejoindre dans cette gloutonnerie.

De nouveaux marchés de production et de consommation sont journellement conquis pour apporter à ce dieu de nouvelles offrandes. Du berceau au tombeau, l’homme est ainsi en permanence abreuvé de propagande par les moyens de communication les plus modernes maintenant disponibles (boîte aux lettres, radio, TV, portables, presse, Internet, panneaux publicitaires…). Une langue de bois internationnale a été élaborée pour dissimuler les aspects les plus grossiers de cette réalité, une réalité faite de marchés de dupes, d’intimidations et de chantages. Cette politique prédatrice des privilégiés est éventuellement imposée par tout un réseau souterrain de terreur (CIA et autres) agissant mondialement comme d’autres anciennes bandes criminelles (Inquisition, Gestapo, KGB…). En dépit de toute évidence, on fait mine de croire qu’il existe une vraie compétition entre l’entrepreneur africain perdu dans sa brousse et le manageur déjà en orbite autour de la planète. Cette propagande des nantis veut ignorer que les grands manageurs de l’espèce sont des extraterrestres face aux entrepreneurs africains et qu’aucune compétition n’est donc possible, comme il serait impossible à l’homme de concurrencer des extraterrestres. L’imposture et le vol sont ainsi câchés derrière des mots.

 

Mais en dépit de tous les euphémismes utilisés pour nommer cette doctrine prédatrice (capitalisme, libéralisme économique, démocratie libérale, économie de marché, libre échange, marché libre…), c’est toujours la loi du plus fort et d’une minorité de privilégiés qui prédomine. Une loi d’airain qui grignote la vie terrestre par un cancer maintenant devenu généralisé. Un cancer qui détruira notre civilisation planétaire si nous ne parvenons pas à arrêter la prolifération de ses métastases.

Comme les extraterrestres, des hommes de plus en plus nombreux sont laissés sur le bord de la route par les fanatiques du marché. En fait, ils n’existent pas vraiment.

 

Si nous adhérons à ce choix de la non-violence et de l’équité pour pouvoir survivre dans le cas d’une cohabitation avec d’éventuels extraterrestres, nous devrions également adopter la même attitude dans notre cohabitation avec nos semblables sur cette planète. Nous devrions finalement réaliser que l’égoïsme conduit l’espèce à son autodestruction, comme cela devient de plus en plus évident. Un autre monde basé sur la non-violence et l’équité est maintenant possible sur cette planète, avec la participation de tous les habitants.

 

La violence est la résultante de différentes composantes, parmi lesquelles figure l’égoïsme.

L’égoïsme est en fait une forme extrême de violence, comme dans le cas d’un travailleur privé de son emploi en raison d’une mondialisation sauvage de l’économie au profit d’une minorité de privilégiés qui se comporte ainsi comme une veritable “bande de mafieux”.

 

L’égoïsme socialement imposé par les privilégiés ne permettra pas la survie de l’espèce ! La question initiale demeure :

Comment l’homme va-t-il pouvoir survivre ?

 

Notre première règle de survie peut donc s’énoncer ainsi :

 

Loi de survie n°1 : Dans tout projet humain, la survie requiert d’adopter une attitude d’équité et de non-violence envers tous les autres, y compris d’éventuels extraterrestres.

 

__________________________________________________________________________________________________

 

Quelques citations d’économistes

ou d’auteurs internationalement reconnus

 

 « La libéralisation totale des échanges à l’échelle mondiale, objectif affirmé de l’OMC, doit être considérée à la fois comme irréalisable, comme nuisible et comme non souhaitable. C’est une gigantesque et tragique mystification. La réalité est que la Mondialisation est la cause majeure du chômage massif et des inégalités qui n’ont cessé de se développer. » (Maurice Allais, Prix Nobel d’économie : La Mondialisation)

 

 « La devise américaine dans le domaine économique, selon T. Roosevelt : Parler gentiment et porter un gros bâton ! Depuis Clinton : Parler fort et porter une lourde massue ! » (Joseph E. Stiglitz, Conseiller économique du Président Clinton, Prix Nobel d’économie : Quand le capitalisme perd la tête).

Du même auteur : « Le fossé grandissant entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas a laissé un nombre croissant de miséreux vivant avec moins de 1 $ par jour dans le Tiers Monde. En dépit de promesses répétées de réduction de la pauvreté, le nombre de pauvres s’est accru de presque 100 millions tandis que le revenu global mondial augmentait en moyenne de 2,5% par an … Si la mondialisation n’a pas réussi à réduire la pauvreté, elle a également échoué à assurer la sécurité… » (La Grande Désillusion)

 

 « Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance : des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée… » (Viviane Forrester, L’horreur économique, Ed. Fayard)

 

 

 

 

              Suite >>

 

 

 

 

Tous commentaires peuvent être adressés à : sapiensplus@wanadoo.fr

 

 

 

 

***Index Général***
***Page Précédente
***Index Général***

***
***
***
***
***
***